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De l'écriture de l'intime

Des citations du Magasin de Hubert Haddad

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Ce corridor est né après la lecture du Nouveau magasin d'écriture de Hubert Haddad, paru chez Zulma, avec en mémoire le vagabondage joyeux dans La petite fabrique de littérature, coffret de trois volumes découvert il y a une bonne dizaine d'années.


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De l'écriture de l'intime

 

Le nom de Philippe Lejeune m'est connu depuis de nombreuses années. Précisément depuis mes débuts en tant que jeune auditrice de France Culture et France Inter. Je me suis délectée des émissions où il a pu intervenir.
Voici deux liens à visiter absolument :
   

l'APA, l'Association pour l'Autobiographie, fondée en 1991 par Chantal Chaveyriat-Dumoulin et Philippe Lejeune. Grâce à la générosité de la municipalité d'Ambérieu-en-Bugey, elle a pu développer ses activités à partir de la Médiathèque de la ville, à la Grenette.

Le premier objectif de l'APA est d'assurer la collecte, la conservation et la mise à disposition de textes autobiographiques inédits rédigés par toutes sortes de personnes de tous milieux sociaux. La plupart de ces textes dispersés dans des archives familiales aurait risqué de se perdre à plus ou moins long terme alors qu'ils présentent un grand intérêt humain et historique.

 
Autopacte
Ce site a pour objet l'écriture autobiographique sous toutes ses formes (récits, journaux, lettres...).
Vous y trouverez surtout des bibliographies, des ressources pratiques, un calendrier des colloques et rencontres et une documentation sur le journal personnel.
Mais aussi quelques textes plus personnels à lire.
Et enfin, des textes d'autobiographes commentant leur pratique.

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Les passages suivants sont extraits du magasin de Hubert Haddad.



LA CHEVELURE

« La chevelure incarne la personnalité nocturne, subconsciente, érotique. Elle est liée aux éléments comme au monde animal, et partant, toute une symbolique des mythes dialogue avec nos songes obscurs.

Décrire une chevelure est un art de la synecdoque auquel tous les romanciers se sont peu ou prou adonnés : lorsque Mauriac écrit, dans le Nœud de vipères, "Le vent agitait ses cheveux rebelles", c'est tout son personnage qui est offert. »


Sur les cheveux...

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Fragments d'un journal intime

« "J'ai trop à écrire, c'est pourquoi je n'écris rien."

"Moi, j'ai passionnément désiré être aimé d'une femme mélancolique, maigre et actrice."

Stendhal, Ecrits intimes »

Propositions kafkaïennes

« Dans le Journal de Franz Kafka, où l'écrivain jetait au quotidien un flux de faux départs, mille suggestions de récits nous sont offertes. Il suffirait d'aller au bout de l'idée, de l'outrer, comme au moment de l'endormissement la pensée confuse qui s'éclaire et se déploie dans le basculement brusque du rêve.

"La plupart du temps, celui qu'on cherche habite à côté."

"Le jour où cela a commencé, j'ai fait une sorte de trouvaille dans la forêt."

"L'homme au regard sombre et sévère qui portait sur l'épaule un tas de vieux manteaux."

"[…]celui qui travaille la nuit" passe pour être le créateur du monde."

Franz Kafka, Journal (trad. Marthe Robert) »


LES NOUVELLES EN TROIS LIGNES DE FELIX FENEON

« Rédigées à partir de dépêches d'agences parues anonymement dans un quotidien, elles furent rassemblées et publiées par Jean Paulhan chez Gallimard en 1948. Cet art du bref, proche du croquis, pourrait à rebours servir d'argument à quelque déploiement narratif :

"Les os trouvés à l'île Verte de Grenoble constituent non pas deux, mais quatre squelettes d'enfants moins deux crânes." (Havas)

"La Verbeau atteignit bien, au sein, Marie Champion, mais se brûla l'œil, car le bol de Vitriol n'est pas une arme précise."

"Renouer avec Artémise Rétro, des Lilas, était le vœu du tendre Jean Voul. Elle restait inexorable. Aussi la poignarda-t-il." »

LA PSYCHIATRIE COMME RESSOURCE ROMANESQUE

« Un manuel de psychiatrie, plutôt daté, sans nulle ambition réformiste, vaut tous les traités de physiognomonie ou de désenvoûtement pour l'invention de tempéraments romanesques ou de situations fictives.


"Ce soir froid de février 1924, sur les sept heures, un homme paraissant la soixantaine bien sonnée, avec une barbe inculte et d'un gris douteux, était planté sur une patte devant une boutique de la rue de la Glacière, non loin du boulevard Arago, et lisait le journal à la lumière de la devanture, en s'aidant d'une grande loupe rectangulaire de philatéliste."
Henri de Montherlant, Les célibataires

On voit notre oiseau, grue ou cigogne aux ailes rognées, avec sa loupe énorme. Les habitudes, chez l'homme seul, sont des formes incurables de bouderie. Classique entrée en scène, à la hussarde ou à la Simenon, en plus ample toutefois ; l'incipit est feuilleté d'une dizaine de connotations. Le roman traditionnel peut être singulier : toute la tension paradoxale d'un écrivain raidi dans une dignité de caporal des ombres et pourtant accablé d'une tendresse incessible se joue sous un style en cape qu'un vent de mort froisse à tout instant. Montherlant écrit à la fois le vieux célibataire que l'effroi de mourir seul étreint et la jeune fille en miroir. (Il faut relire ses poèmes frissonnants de la plus juvénile émotion.) »

Clin d'oeil aux célibataires

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POUR FINIR

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