BRIC-À-BRAC

 

Les célibataires sont devenus une formidable cible marketing : portions cuisinées - surgelées - individuelles, speed dating, dating bus (!), un salon dédié à l'art de vie des célibataires, et il y a quelques mois, un nouveau magazine : Culture Solo. Sans oublier la téléréalité, qui offre à Olivier, Greg et autres Marjolaine un moyen de trouver l'âme soeur...

En tous les cas, le célibat, c'est désormais tendance ; le célibataire nouveau est en effet arrivé.

Les magazines féminins titrent : « Solo et heureuse (si, si...) ».

Toutefois, en y regardant de près et en feuillettant ladite revue, une petite nuance mystérieusement absente de la couv' fait son apparition : « Solo et heureuse (si, si... enfin presque) »...

Voilà plusieurs semaines que je n'aperçois plus ce magazine en kiosque. D'autres titres se sont cependant emparés du créneau.





Le restaurant DEPUR, Drôle d'Endroit Pour Une Rencontre, sis à Paris 18e, proposait, à l'origine, des petites annonces au mur et des classeurs avec annonces payantes.



Les filles, pour trouver un homme, RV à Sainte–Rita !



PAR(I)BULLE, le premier site gratuit qui vous permet de retrouver quelqu'un que vous avez déjà vu et à qui vous n’aviez pas osé adresser la parole.

Vous avez croisé un regard, échangé un sourire dans l’un de vos nombreux trajets dans les transports en commun parisiens, alors ce site est fait pour vous! Poursuivez cette rencontre en toute intimité sur PAR(I)BULLE !  : peut être y en a-t-il un pour vous ?




Pointscommuns.fr, rencontres par affinités culturelles ; un site qui a inspiré Giulio Minghini (Fake).



Voici un site de re-rencontre...



The original ugly dating site



Dilelui.com, un service de mise en relation dans les transports en commun

Forte de son succès en Ile-et-Vilaine, l’entreprise spécialisée dans le développement marketing des rencontres Fishforlove annonce l’arrivée en Ile-de-France, pour octobre prochain, de son service de mise en relation dans les transports en commun, baptisé Dilelui.com. Ainsi, une personne qui aurait aperçu son âme sœur dans le métro, le bus ou le RER, pourra désormais le lui faire savoir via ce nouveau site.

Pour se faire connaître des franciliens, Fishforlove lancera dès octobre une campagne presse, affichage et sur le Net, et prévoit un volet événementiel, ainsi qu’un jeu concours du « plus beau message ». A court terme, Fish for love compte lancer son service à Toulouse, Nantes, Nice, Bordeau, Lyon, Strasbourg et Marseille.

04/07/2006 - CB News - Virginie Baucomont


La première émission radio interactive de tous les célibataires !
Sur Pure FM.


Rencontres entre francophones qui vivent ou désirent vivre à la campagne. La qualité de la vie prime sur le reste, vivre à la campagne vous est indispensable... Des arbres, le silence... La nature...
Le premier site de rencontres à la campagne ? Le site : Rencontres à la campagne



Les célibataires lyonnais ont désormais leur mag : Rencontres & vous.

L'Express ou Le Point consacrent régulièrement leur une aux célibataires. Quel honneur...





On connaît tous la situation : regards échangés dans un bus... coup de foudre dans le métro... et tout s'arrête à la station suivante... sans avoir osé aller plus loin... Aujourd'hui, les inconnus qui cherchent à se retrouver ont désormais un espace dédié : terevoir.fr, la base de référence des rencontres manquées. Jérémie Le Roy-Féraut




Date-Dog.com, le site de rencontre pour chiens...



Un chagrin d'amour ? Des congés payés.

« TOKYO (Reuters) - Les employés d'une compagnie japonaise victimes d'un chagrin d'amour peuvent prendre des jours de congés payés après une rupture difficile, le nombre de journées pour maladie d'amour proposées progressant avec l'âge du salarié. [...] Hime & Company, société basée à Tokyo, explique que son initiative permet aux salariés en proie à un chagrin d'amour de se remettre avant de reprendre le travail plus détendus... et donc plus efficaces. »

Source : Reuters via Lycos, 28 janvier 2008



Billets amoureux sur Blog en commun.




Et en 2010, ouverture de deux sites de rencontres un peu particuliers...


« L’initiative à de quoi surprendre… faire sourire, voire grincer des dents. Ces deux nouveaux sites de rencontres, prochainement lancés par Phoenix Corp entreprise spécialisée en segmentation dans le domaine des rencontres sur Internet, se proposent mettre en relation les personne à la recherche de l’âme sœur grâce à un critère incongru : le parti-pris politique du (de la) candidat(e). »


« Et Phoenix Corp d’indiquer dans un communiqué que ces deux sites ont été créés "Pour enfin en finir avec les interminables débats qui plombent le couple…", en demandant aux internautes d’ « imaginez les prise de becs en famille évitées si les gens prenaient la peine de s’accorder sur ce sujet avant de s’unir ! » (!). Et de revendiquer l’inscription de "5000 membres en seulement 3 jours ont rejoins les sites dont l’ouverture officielle n’était prévue que pour janvier 2009".»

« Quelques questions subsistent : à quand les sites de rencontres dédiés aux amoureux des animaux qui pourront choisir leur partenaire en fonction de la race du chien ou du chat possédé ? Ou les sites de recontres qui réunissent les gens en fonction de leur CSP ? Ou ceux qui rassemblent autours des préférences alimentaires de chaucun ? Tout est possible, l’avenir nous le dira ! »

Source : CBlog



« [...] tous les célibataires (ou les personnes momentanément seules) ne sont pas des grignoteurs sur le pouce. Il en est quelques-uns qui aiment manger, et même faire la cuisine. Leur envie est si grande qu'elle n'est pas brisée par le manque d'élan familial. [...] Diverses conjonctures biographiques accentuent le désengagement culinaire et commensal. La jeunesse et la griserie jubilatoire de sa légèreté existentielle, qui pousse au simple picorage ; ou la déprise, qui diminue tout. Mais en dehors de ces conjonctures, notamment dans des âges moyens, la désaffection pour la cuisine et les repas se confirme. La cuisine et les repas ordinaires. Car les célibataires ayant assez souvent une vie relationnelle très active, compensent ce déficit ordinaire par des invitations amicales et surtout des repas pris en groupe au restaurant [...]. Dans le chez soi, tout est simple et rapide : la cuisine est sommaire, les proportions allégées, la table mise à la va-vite. Quand il y a table. Cette dernière en effet, irradiante de symbolique familiale, est souvent fuie.
Les célibataires continuent souvent longtemps à rechercher des lieux plus bas, plus mous, plus nomades pour manger, comme à la jeunesse. La vie en solo se caractérise d'ailleurs profondément par une tentative visant à ne pas perdre la jeunesse, sa légèreté, son avenir ouvert. Et cette quête se marque dans la façon de faire la cuisine et de prendre les repas. »

Jean-Claude Kaufmann, Casseroles, amour et crises - Ce que cuisiner veut dire, 2006



Un pavé de plus de 500 pages raconte l'histoire du célibat et des célibataires.

Montez dans le bus, le métro ou le train, ou bien installez-vous sur un banc ou dans un transat de Paris Plage avec ce livre, tout en prenant soin de bien laisser le titre de l'ouvrage visible. Laissez mijoter. Guettez le célibataire qui vous aura pris pour une célibataire en quête de savoir sur la vie des célibataires antiques et de leurs successeurs...

Trèfle de plaisanterie... Dans ce livre, l'histoire du célibat est rapportée dans une langue tout à fait abordable, ne craignez pas les termes abscons ! Mais surtout, cette histoire du célibat est passionnante.

L'historien J
ean-Claude Bologne y évoque de fameux célibataires - Coco Chanel par exemple.

Je vous recommande vivement son site personnel de Jean Claude Bologne.

:: PRESENTATION ::

« Tous les héros sont célibataires, même si, dans le conte, ils finissent mariés et heureux avec beaucoup d'enfants. Une grande partie des écrivains, artistes, philosophes, savants, sont des célibataires, ou ont apporté leur contribution à l'histoire de l'humanité avant leur mariage. Et pourtant, le célibat ne semble guère avoir inspiré les historiens, sans doute parce ses contours sont parfois difficiles à cerner.
Jadis, en dehors des ordres sacrés, le célibat était une salle d'attente du mariage où ne s'attardaient que les "vieilles filles" et les "vieux garçons" plaints ou méprisés. Aujourd'hui, c'est un mode de vie assumé, que reprennent à l'occasion les gens mariés, que retrouvent tout naturellement les divorcés. C'est un marché, aussi, qui s'est développé de façon spectaculaire ces dernières années.
Phénomène important depuis le XVIIIe siècle, il est lié aux notions émergeantes d'individu, de liberté, de droit au bonheur, de réalisation personnelle... Une nouvelle forme de sociabilité se constitue, dont le célibataire constitue la cellule (clubs, associations, bandes...), alors que le couple était le noyau des sociétés anciennes (clan, tribu, famille...).
Ce livre tente de cerner cette évolution en s'interrogeant sur les différentes images du célibataire depuis l'antiquité jusqu'à nos jours dans le monde occidental. 
»
Jean-Claude Bologne


:: EXTRAITS ::

« La pudeur conjugale conquiert de plus en plus de terrains dans les siècles suivants - songeons aux recommandations de Raboux (1936) de froisser du papier lorsqu'on s'isole aux toilettes pour couvrir les bruits incongrus. Les actes les plus élémentaires se sont trouvés gênés dans le refuge sacré du domicile. Si l'on n'ose vraiment plus lécher son couteau avant de le plonger dans le pot de Nutella, la vie de couple est-elle possible ? Une génération est en train de se poser la question. »« La vieille expression "faire une fin", jadis positive, est devenue effrayante dans une société qui a remplacé le culte des ancêtres - morts ou vifs - par un jeunisme exacerbé. »
« Dieu a mis six jours à créer le monde, sept couronne Sa création et la porte à sa perfection
. En sept minutes, on peut reconstruire ce "petit monde" qu'est un couple. Sans trop y croire, peut-être. Et conscient que l'engagement conclu en sept minutes n'a pas la solidité d'un mariage indissoluble. Le speed dating est un phénomène de mode destiné à ces "adulescents" qui, dans bien des domaines, continuent à regarder la vie comme un jeu. »
« La Revue médicale, qui rapporte son cas en 1884, ne nous révèle pas son nom. C'est une "demoiselle de quarante-trois ans", qui vit seule avec sa chienne épagneule, "qui ne la quittait pas, tant elle l'aimait." Fatales amours... Au mois de mai 1881, la chienne, qui s'était toujours montrée gaie et affectueuse, sombre dans la mélancolie. Elle ne répond plus aux caresses et refuse de s'alimenter. Que peut faire sa maîtresse alarmée, sinon redoubler de soins et de tendresse, "jusqu'à se faire lécher (...), en l'embrassant, une petite excoriation enflammée de la lèvre supérieure."

Une semaine plus tard, comme l'affection ne suffit pas à guérir l'épagneule, on l'emmène chez le vétérinaire Bourrel, qui diagnostique aussitôt la rage. L'animal en meurt le 30 mai. Fatales amours, donc : la maladie n'a-t-elle pas été causée par la frustration sexuelle ? "On ignore que l'on s'expose, par ce défaut de satisfaction génésique, à provoquer la rage spontanée, comme Leblanc d'Alfort l'a démontré. Une secrète jalousie de ces animaux est même parfois le mobile qui empêche leur accouplement."
L'histoire pourrait s'arrêter là : une vieille fille, en monopolisant l'amour de sa chienne, l'a fait devenir enragée. Mais voilà, il y a le baiser. Fatal baiser. Bientôt, la demoiselle devient nerveuse, d'un caractère insupportable, "avec une exaltation piétiste exagérée, au point de faire un pèlerinage à Lourdes au mois d'août suivant." À son retour, chargée de diriger la maison de commerce de son frère durant les vacances du patron, elle se prend de querelle avec les employés. Le 18 octobre, deux jours après le "retour du maître", un spasme laryngien se déclenche; elle ne peut plus rien avaler. Comme la chienne, rappelez-vous. Le lendemain, elle meurt de la rage. "Tout cela résultant du célibat ."
Méfiez-vous donc si vous croisez à Lourdes une demoiselle pieuse et acariâtre : peut-être a-t-elle embrassé son chien sur la bouche. Car dans le brutal résumé d'un cas tragique de contamination par la salive, les parallélismes sont tellement flagrants entre le sort de la maîtresse et celui de sa chienne que la morale n'aurait pas même eu besoin d'être tirée dans une formule cinglante. Le défaut de satisfaction génésique n'aurait-elle pu entraîner une rage spontanée chez la demoiselle, si la chienne ne s'était chargée de la contagion ? La menace plane. Le caractère hargneux qui fait partie des clichés de la vieille fille, ainsi que le refuge dans la piété et la tendresse excessive vouée aux animaux de compagnie, n'est-elle pas un symptôme de cette maladie ? L'utilisation du mot "maître" (de la maison de commerce...) pour désigner le frère absent lorsqu'apparaissent les symptômes de la rage peut même paraître révélateur : n'y a-t-elle pas eu, comme chez la chienne, une "secrète jalousie" qui aurait empêché l'accouplement ? À mots couverts, c'est presque un drame familial dont la fatale léchouille n'aurait été qu'un révélateur qui nous est suggéré. Symboliquement, une sœur qui a refusé de se marier par amour pour son frère crève de rage de se sentir délaissée. »

Jean-Claude Bologne, Histoire du célibat et des célibataires, Fayard, 2004

 


« Les foires au mari et les goûters matrimoniaux ont pris le relais des "marieurs" du village. »
Jean-Claude Bologne, Histoire du célibat et des célibataires, Fayard, 2004


Source : Les musées en Wallonie - Photo : Christophe Bouché



 

« Nouvelles litanies des filles à marier

A réciter chaque jour, pieds nus, en chemise, à son lever et à son coucher.

Saint Henri - Je voudrais un mari.
Saint Léon - Que ce soit un bon garçon.
Saint Vincent - Qu'il soit beau et grand.
Saint François - Qu'il ne fasse pas d'autre choix.
Saint Albert - Qu'il n'ait rien de travers.
Saint Edmond - Qu'il n'ait pas le nez trop long.
Saint Hilaire - Qu'il ait tout pour me plaire.
Saint Hector - Qu'il soit cousu d'or.
Saint Narcisse - Qu'il me fasse tous mes caprices.
Saint Exupère - Qu'il ne se mette pas en colère.
Saint Abel - Qu'il me soit fidèle.
Saint Gontran - Qu'il soit très caressant.
Saint Siméon - Qu'il ne soit pas crampon.
Saint Maurice - Qu'il ait plus de vertu que de vice.
Saint Denis - Qu'il ait beaucoup d'esprit.
Saint Clément - Qu'il soit entreprenant.
Saint Bernard - Qu'il n'arrive jamais en retard.
Saint Anatole - Qu'il m'adore, me cajole.
Saint Blaise - Que jamais ses désirs ne s'apaisent.
Saint Eloi - Qu'avant de dormir il pense à moi.
Saint Germain - Qu'il ne remette rien au lendemain.
Saint Boniface - Qu'en tout il tienne bien sa place.
Saint Roger - Que je puisse l'aimer.
Saint Théophile - Ainsi soit-il ! »



Quelques célibataires célèbres

Coco Chanel (1883-1971) se laissait appeler la « Grande Mademoiselle », malgré plusieurs projets de mariage dont aucun n'a abouti. On l'appelait Mademoiselle, tout simplement - c'était le seul nom inscrit sur la porte de son bureau. Ou la « Grande Mademoiselle », par allusion à la cousine de Louis XIV, et pour saluer son rôle de mécène artistique. Gabrielle Chanel, qu'Etienne Balsan rebaptisa « Coco », fut la célibataire la plus célèbre du siècle qu'elle traversa.Et aussi... Hans Christian Andersen, *Guillaume Apollinaire, Arletty, Antonin Artaud, *Honoré de Balzac, Ludwig von Beethoven, Georges Brassens, *Lord Byron, Lewis Carroll, Giacomo Casanova, Jean Cocteau, Cyranode Bergerac, Christian Dior, Julien Green, Jeanne d'Arc, Pierre *Choderlos de Laclos, *Jean de La Fontaine, Guy de Maupassant, Mistinguett, Alfred de Musset, Marcel Proust, Arthur Rimbaud, Jean-Sol Partre, Charles Trenet, Vincent Van Gogh, Virgile, Simone Weil... et vous ?

Le critère retenu pour constituer cette liste loin d'être exhaustive est très strict : "célibataire" au sens de "personne n'ayant jamais été mariée". Ceux qui sont précédés d'un astérisque ont fini par se marier, mais sont importants pour l'histoire du célibat.

Source : Jean-Claude Bologne
Cartes postales reproduites avec son aimable autorisation.